All expatriation humeurs

C’pas beau d’être un homme ces temps-ci

Comme tout le monde, je suis noyée en ce moment dans cette pluie de dénonciations de célébrités et révoltes généralisées envers  les hommes. Que d’emblée, j’en comprends parfaitement la raison et le ras le bol. Qu’après mûre réflexion et critique personnelle, j’ai envie d’adoucir cette réalité en laissant place à d’autres réalités. Parce qu’en vrai, la mienne n’est pas ce qui se dit à tout va en ce moment dans les médias. Et non, mettre face à d’autres réalités ne décrédibilise en rien certaines dénonciations, ça permet seulement de réfléchir aux différentes visions des choses. C’est aussi ça l’ouverture d’esprit. En 2020, on connaît tous ça, pas vrai ? Depuis le temps qu’on se prétend archi « open », soyons le pour de vrai.

En tant que femme, je soutiens de différentes manières, autant que possible, mes consœurs. Toujours. Même dans mon business, c’est une évidence. J’ai grandi au milieu de femmes fortes qui en ont chié dans leur vie : la guerre, la mort, la tromperie et j’en passe. Parce que bordel, qu’on en chie. À commencer par nos menstruations, c’est tout un problème. Mais l’homme, qu’est-ce qu’il y peut? C’est presque comme si on le blâmait pour chacune de nos faiblesses faites par Dame Nature en ce moment.

On est tous d’accord : l’éducation sexuelle, mais surtout l’éducation tout court, des garçons est non-négociable dès le plus jeune âge. Pour qu’ensuite ils puissent devenir de vrais gentlemen envers la personne dont ils sont attirés physiquement (femme OU homme, parce que #homosexuelsmatter aussi n’est-ce pas ? Toi qui prône l’égalité, vas jusqu’au bout).

J’ai un problème avec ce terme d’« égalité ». Je suis la 1ère à revendiquer les libertés de la femme, à être la rebelle de ma famille, de ma communauté même, pour prétendre aux mêmes libertés que les hommes de mon entourage. Et pourtant ce terme employé dans tous les sens et à n’importe quelle occasion me rend mal à l’aise. À un moment donné, il y a la question d’assumer son propre sexe : ses forces et ses faiblesses.

J’ai déjà subi une agression, une magnifique agression comme on aimerait ne jamais en subir. Mais encore là, tu vois, j’ai du mal avec la victimisation incessante des femmes que je lis partout ces temps-ci.

Ça fait 8 ans que je vis au Québec, que je traîne dans les métros à n’importe quelle heure. Souvent seule. Parfois habillée de façon plus dénudée que d’autres fois. Oui il m’arrive des mésaventures, des sifflements, des « t’es fuckin belle » noyés dans une odeur d’alcool et autres. Mais, jamais, je ne me suis sentie en DANGER.

C’est clair que je n’irai pas m’aventurer dans une ruelle sombre juste pour essayer de me prouver que j’ai des putains d’ovaires t’sais (pour ne pas dire couilles et frustrer les féministes forever and ever). Alors quand j’tombe sur un article qui se veut attendrissant et qui dit en gros « pauvres de nous les filles, à cause des hommes méchants, on est même pas capable de marcher tranquillement dans les coins sombres de la ville» … En bon québécois: j’la pogne pas pantoute.

Parce que déjà, j’ai peur du noir. Juste du noir. T’sais pas savoir où j’mets les pieds, c’est angoissant. Et de me dire que je pourrais tomber dans un trou de travaux (la beauté de Montréal) ou sur quelque chose de vivant (peu importe qui ou quoi), je vais paniquer pareil. Puis une personne psychopathe, peu importe son sexe, ça n’a pas pour habitude non plus d’agresser en pleine lumière j’te dirais.

Il y a aussi cette grosse tendance au « peut-être » où j’ai l’impression que de plus en plus, les gens ne savent pas où s’en aller ni comment s’assumer : peut-être que j’suis bi, peut-être que j’suis juste pas attiré par le sexe opposé, etc. C’est correct de se chercher, c’est correct d’avoir des doutes dans la vie. Vis tes expériences, c’est TON droit. Mais dire NON, c’est AUSSI ton droit. Il me semble que quand on te demande si t’as faim ou non, j’ai rarement entendu de peut-être. Le sexe pour moi, c’est pareil, y’a jamais eu de peut-être, dans ma tête. Je veux tenter l’expérience ou je ne veux pas, point. Et effectivement, je reconnais que la plupart des femmes qui m’entourent n’ont pas appris à dire non. Souvent par manque de confiance en elles ou un trop grand besoin d’attention, même sans se l’avouer. Ça peut être une solution ça aussi, t’sais : l’éducation du non et de la confiance en soi.

Parce qu’en vrai, on cherche bien une solution à ce « fléau », on ne cherche pas à juste taper indéfiniment sur le sexe coupable, n’est-ce pas? En tout cas je l’espère.

Soit dit en passant, je me suis déjà faite agressée par des filles. Alors si on égalise vraiment les choses et qu’on veuille absolument jouer sur les mots de féminisation absolue, parce qu’on a bien ajouté un E à entrepreneur alors « agresseur » ça peut prendre un E aussi.

En tout cas, juste pour te dire : un pénis c’est plus fort qu’un vagin, physiquement. Personne n’y peut rien. Ça fait pas de nous le sexe faible. On est hot pareil et on n’a nullement besoin de faire ressortir un quelconque complexe d’infériorité en se complaisant dans une victimisation qui va parfois, plus loin que nécessaire.

C’est la façon dont tu vas t’assumer, assumer ton rapport avec le sexe opposé qui va changer les choses. Ceci étant valable pour les hommes autant que pour les femmes, évidemment. Alors dénoncer oui, de tout cœur avec toi, avec un esprit critique, c’est encore mieux.

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